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Avv. Massimo Romano Avocat pénaliste
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Mandat d'Arrêt Européen France-Italie

L'essentiel

Le mandat d'arrêt européen est régi par la décision-cadre 2002/584/JAI, en France par les articles 695-11 et suivants du code de procédure pénale, en Italie par la loi n° 69/2005 réformée par le décret législatif n° 10/2021. Avec consentement, la décision intervient dans les dix jours ; sans consentement, dans les soixante.

  • Ce n'est pas une extradition : la remise se fait entre autorités judiciaires, sans intervention politique.
  • Trente-deux catégories d'infractions échappent au contrôle de la double incrimination.
  • Le consentement est irrévocable : il s'apprécie avant, pas après.
  • Le national ou le résident peut demander à exécuter la peine dans son État.
Mandat d'arrêt européen France-Italie : deux flèches opposées et les délais 10 · 60 · 10 jours
Remise entre autorités judiciaires.

Ce qui distingue le mandat de l'extradition

L'extradition est un rapport entre États, avec une étape gouvernementale et des délais qui se comptent en années. Le mandat d'arrêt européen est un rapport direct entre autorités judiciaires de deux États membres, fondé sur la reconnaissance mutuelle : le juge de l'État requis ne réexamine pas le fond de l'accusation, il vérifie les conditions formelles et les motifs de refus.

Tab. 1 — Mandat et extradition
AspectMandat d'arrêt européenExtradition classique
Base juridiqueDécision-cadre 2002/584/JAIConventions bilatérales ou multilatérales
Autorité décisionnaireJudiciaireJudiciaire puis politique
Double incriminationÉcartée pour 32 catégoriesEn principe requise
Délais10 jours avec consentement, 60 sansNon prédéterminés
Remise du nationalAdmise, avec garantie de retourSouvent exclue

Les délais de la procédure

Tab. 2 — Calendrier de la remise
ÉtapeDélaiTexte
Décision avec consentement10 joursdécision-cadre, art. 17
Décision sans consentement60 joursdécision-cadre, art. 17
Prorogation motivée30 jours supplémentairesdécision-cadre, art. 17
Remise effective10 jours après la décision définitivedécision-cadre, art. 23
Seuil d'émission12 mois encourus ou 4 mois à exécuterdécision-cadre, art. 2

Les motifs de refus

La décision-cadre distingue motifs obligatoires et facultatifs. Sont obligatoires l'amnistie dans l'État d'exécution, le ne bis in idem lorsqu'une décision définitive a déjà été exécutée ou est en cours d'exécution, et la minorité excluant la responsabilité pénale dans l'État d'exécution.

Tab. 3 — Motifs de refus et effet
MotifNatureEffet
Ne bis in idemObligatoireRefus de la remise
AmnistieObligatoireRefus de la remise
Minorité pénaleObligatoireRefus de la remise
Prescription selon la loi de l'État d'exécutionFacultatifRefus possible
National exécutant la peine sur placeFacultatifRefus avec prise en charge de la peine
Risque de traitement inhumainJurisprudentielVérifications, report ou refus

CJUE, grande chambre, 5 avril 2016, Aranyosi et Căldăraru, C-404/15 et C-659/15 PPU

En présence d'éléments objectifs, fiables, précis et dûment actualisés sur les conditions de détention dans l'État d'émission, l'autorité d'exécution doit solliciter des informations complémentaires urgentes et différer la remise tant que le risque individuel n'est pas écarté.

Source : arrêt consultable sur curia.europa.eu.

Exécuter la peine dans son État

Lorsque le mandat est délivré aux fins d'exécution d'une peine et que la personne est ressortissante de l'État d'exécution ou y réside, la remise peut être refusée à condition que cet État s'engage à exécuter la peine sur son territoire. L'instrument est la décision-cadre 2008/909/JAI, transposée en Italie par le décret législatif n° 161/2010. Le quantum ne change pas : ce sont le lieu d'exécution, les aménagements de peine applicables et la proximité familiale qui changent.

Questions fréquentes

Combien de temps s'écoule entre l'arrestation et la remise ?

Avec le consentement de l'intéressé, la décision définitive doit intervenir dans les dix jours. Sans consentement, le délai est de soixante jours, prorogeable de trente. La remise a lieu dans les dix jours suivant la décision définitive.

Peut-on refuser d'être remis ?

Il n'existe pas de droit de refus, mais des motifs de refus limitativement énumérés : ne bis in idem, amnistie, prescription selon la loi de l'État d'exécution, procédure pendante pour les mêmes faits, qualité de national souhaitant exécuter la peine sur place.

Le consentement peut-il être retiré ?

Non. Le consentement accélère la procédure mais il est irrévocable et interdit l'examen des motifs de refus. Il doit être décidé après lecture intégrale du mandat, non à la première audience.

Qu'est-ce que la garantie de retour ?

L'engagement de l'État d'émission de renvoyer la personne dans son État de nationalité ou de résidence pour y purger la peine éventuellement prononcée. Elle se demande lorsque le mandat est délivré aux fins de poursuite.

Les conditions de détention comptent-elles ?

Oui. En présence d'éléments objectifs et actualisés révélant un risque de traitement inhumain, l'autorité d'exécution doit solliciter des informations sur l'établissement de destination et peut différer ou refuser la remise.

Faut-il un avocat dans les deux pays ?

Oui. La procédure de remise se déroule devant l'autorité de l'État d'arrestation, mais la stratégie dépend du dossier de l'État d'émission. Les deux défenses doivent travailler sur le même matériau dès le premier jour.

Le MAE vaut-il pour les infractions mineures ?

Le mandat peut être émis pour des faits punis d'au moins douze mois d'emprisonnement, ou pour l'exécution de condamnations d'au moins quatre mois. Trente-deux catégories d'infractions punies d'au moins trois ans échappent au contrôle de la double incrimination.

Écrivez-moi si vous avez un doute juridiqueRéponse en 15 min · Me Massimo Romano